Les « Heroes » décortiqués

30 06 2007

Les LCI.fr a interviewé Fabrice Sapolsky, spécialiste des comics, sur le pourquoi et comment du succès de Heroes. Voici son interview:

Heroes, analyse d’un phénomène 

TF1 diffuse ce samedi à partir de 20h50 les premiers épisodes de la série Heroes. Cette saga sur des gens ordinaires qui se découvrent des pouvoirs extraordinaires a réalisé des audiences record lors de sa diffusion à la télévision américaine. Un succès qui consacre une nouvelle fois l’engouement du public pour les super-héros. Explications de Fabrice Sapolsky, rédacteur en chef de Comic Box, un magazine dédié à la BD américaine.

LCI.fr : A quoi est dû le succès phénoménal de Heroes aux Etats-Unis ?

Fabrice Sapolsky : Il n’y aurait pas pu avoir Heroes sans Lost. Lost a fait un véritable hold-up sur la télévision américaine, en proposant quelque chose d’extrêmement classique en apparence mais en fait, tout à fait novateur : l’emphase n’est pas mise sur l’histoire mais sur les personnages et ce sont eux qui font le show. C’est exactement la logique des comics [bandes dessinées] des X-Men, dont les scénaristes se sont inspirés. Et Heroes a repris ce concept : l’équipe a porté à l’écran à la fois l’esprit des comics et celui du soap opera.

Il faut aussi parler du casting international, attachant. Les acteurs ont été choisis en fonction de leur personnalité, pas de leur origine. Et certains d’entre eux sont devenus de véritables stars. Autre clé du succès : le rythme de la série, différent, un peu lent, mais qui ne nuit pas du tout à l’intérêt. Et puis Heroes aborde des questions très actuelles mais sans volonté de faire passer un message. En ce sens, c’est une série très contemporaine, qui n’aurait pas pu naître à une autre époque que la nôtre.

LCI.fr : En France, les super-héros sont encore associés à des justiciers en cape…

F. S. : Non. Chez certains anti-américains ou anti-comics, peut-être mais cette image des super-héros est un cliché. Dans Heroes, les personnages n’ont pas pour mission de sauver la planète ; ils n’ont pas de mission, tout court. On ne les voit pas en costume. L’héritage des comics dans la série est suggéré, de manière subtile d’ailleurs, mais il ne s’impose pas aux spectateurs. La série a bien marché justement car elle parle à des publics différents : le cercle des fans de comics, les amateurs de séries et les femmes, attirées par les mystères et la profondeur des personnages.

LCI.fr : Depuis plusieurs années, les super-héros sont au cœur de films et de séries télé. Certains analystes ont indiqué que cela correspondait à un besoin des Américains après les attentats du 11-Septembre. Etes-vous d’accord ?

F. S. : Non. On aurait pu le dire au début mais pas cinq-six ans après. Beaucoup d’historiens et de sociologues disent que la parenthèse du 11-Septembre n’est pas refermée mais, pour connaître les Etats-Unis, ils me semblent que les Américains ont évolué.

En illustration de cet article, vous pouvez voir le nouveau numéro de Comic Box qui propose un dossier spécial sur Heroes (six pages). 


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Une réponse à “Les « Heroes » décortiqués”

  1. 23 10 2017
    nuagedorizon (17:13:33) :

    Tous les conseils que vous avez partagés sont adorables !!! Merci.

    voyance gratuite par mail rapide

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